Quand Corruption, suscite des Vocations – Partie 2

Résumé de l’article :

  • Aujourd’hui, les Comores comptent plusieurs centaines de détourneurs de fonds.

  • A cause de tous les régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance, nous avons créé une génération « perdue ».
  • Le trafic a été mis en place avec la complicité de la Banque d’Industrie et des Commerces (BIC).
  • Une enquête a été diligentée par le tribunal de Moroni, et le juge instructeur avait à l’époque, délivré un mandat contre Saïd Abdallah Mchangama en sa qualité de Ministre des Finances.
  • Tahomba va après cet épisode se marier avec la fille du Président Djohar.
  • L’affaire de détournement à des fins personnelles était soudainement devenue une affaire d’État.


Aujourd’hui, les Comores comptent plusieurs centaines de détourneurs de fonds, qui à l’image du modèle – Said Abdallah Mchangama – sont exemptés de toute faute morale leur permettant de vivre parmi nous en toute impunité.

Ce fut le cas de tous les régimes qui se sont succédé depuis l’indépendance. Par conséquent, au moment même où nous avions le plus besoin de nos élites pour accompagner l’essor de notre jeune Nation, nous avons créé une génération « perdue », trop occupée à manœuvrer et vider les caisses du Trésor et des programmes de développement successifs.

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Il va de soi qu’une organisation aussi vaste que complexe que le détournement en bande organisée nécessite la légitimité d’une institution bancaire afin de blanchir l’argent détourné. Le trafic a donc été mis en place avec la complicité de la Banque d’Industrie et des Commerces (BIC).

Par la suite, une enquête a été diligentée par le tribunal de Moroni. Dans ce cadre, le directeur de général de la BIC avait été entendu, et le juge instructeur avait délivré un mandat contre Saïd Abdallah Mchangama en sa qualité de Ministre des Finances.

Tahomba va après cet épisode se marier avec la fille du Président Djohar. Peu de temps plus tard, il contacta son beau-père de Président pour qu’il remédie à son sort et donc intervienne dans l’enquête en cours. Dans la foulée le directeur de la BIC fut briefé par la Présidence, et un conseil des ministres extraordinaire a été organisé à Beit-Salem. Au début, tout le monde a cru à un coup d’État ou sinon à un remaniement ministériel. Mais pas du tout.

L’affaire de détournement à des fins personnelles était soudainement devenue une affaire d’État. Face à cette urgence, le gouvernement (du jeune État nouvellement démocratique) décida de suspendre le juge du dossier. Elle l’affaire a été par la suite, classée sans suite. En agissant de la sorte, le gouvernement a de fait, donné à Tahomba son feu vert et toute la latitude pour s’emparer du contenu des caisses de l’État.