Quelle crédibilité pour une candidature comme celle de Mamadou ?

Les Comores entrent dans une période charnière de son histoire avec les élections présidentielles et gubernatoriales annoncées pour le mois de mars prochain. Des 16 candidatures retenues provisoirement par la haute juridiction du pays, celle de l’ancien vice-président, Mohamed Ali Soilih est la plus surprenante. Elle suscite le plus de questions et provoque l’émoi chez les Comoriens.  En effet, il est de notoriété publique que ce dernier est trempé dans les affaires liées à la citoyenneté économique raison pour laquelle, les Comoriens sont unanimement convaincus que sa personnalité, est en fait peu crédible. Devait-il être retenu par la cour suprême tout en sachant que celle-ci est parfaitement informée sur son cas ? Telle est la question pertinente qui se pose. Il faut dire qu’il est question d’homme politique qui a derrière lui, une expérience de plus de 30 ans dans la gestion des affaires de la cité. Pourtant, ce ne sont pas les affaires louchent et les gestions hasardeuses qui manquent à son palmarès.

Aujourd’hui, si l’on devait dresser un tableau de ce dernier, l’on saurait aisément que la crédibilité n’est pas son fort. Aujourd’hui, embourbé dans une saga judiciaire avec une résidence surveillée, une obligation de se présenter devant le juge trois fois par semaine, l’on ne peut que marquer notre étonnement de voir son nom dans la liste des candidats retenus. Les charges qui pèsent sur lui, sont lourds. Dans ce contexte, on ne peut pas courir le risque d’avoir un président qui traine autant de casseroles dans ses tiroirs. Certes, il a touché le fond, mais une fois président, il continuerait à creuser.

Heureusement, deux candidats, l’un retenu et l’autre recalé ont déposé des recours pour obtenir l’annulation de la candidature de l’ancien vice-président. Ils n’ont pas manqué de revenir sur les soupçons de détournements qui pèsent sur lui et le moins que l’on puisse dire, l’annulation de sa candidature ne surprendrait guère au vu de ses antécédents et de ses démêlés judiciaires. Le candidat, Said Jaffar El-Macelie a rappelé à la cour suprême qu’en effet, Mohamed Ali Soilih est poursuivi pour détournement de deniers publics et qu’il est imposé à ce dernier les mesures d’interdiction de recevoir ou de participer à des réunions politiques publiques ou privées, interdiction de quitter son domicile.

Pour Bourhane Abdallah, outre la citoyenneté économique, la candidature de Mohamed Ali Soilih devrait être annulée parce que selon lui, le patrimoine de l’ancien vice-président ne concorderait pas avec ses moyens financiers obtenus grâce à ses nombreux postes occupés. Il ne serait pas de trop se rappeler que l’arrêt N° 98/18 du 11/12/18 de la cour d’appel de Moroni parle d’inculpation pour détournement de deniers publics, faux et usage de faux, usurpation de fonction, corruption, recel et complicité. Il appartient à la cour suprême de faire la part des choses.