Souveraineté économique : le Président a tenu bon ces deux dernières années

On peut reprocher au Président d’avoir modifié la constitution contre la volonté d’une partie de la population. On peut lui reprocher d’avoir remis les compteurs à zéro alors que le pays a réussi avec succès trois alternances pacifiques. On peut lui reprocher de tous les maux et oublier cette pléthore de conseillers, de ministres, de petits chefs, de directeurs, de secrétaires généraux et autres agents de l’Etat qui ne font que frimer dans des bureaux climatisés.

Je n’ai pas voté pour lui en 2016, mais il y a une chose qui m’a frappé chez Azali depuis son retour au pouvoir. Le pays a retrouvé une bonne partie de sa souveraineté économique et politique. Le Président, comme beaucoup de ses collègues du continent qui se démarquent de la tutelle occidentale,  a défendu la souveraineté du pays, refusé de courber l’échine pour des miettes, affirme l’autorité de l’Etat et défend la fierté de toute une Nation.

Le Président n’a pas attendu des aides budgétaires pour trouver des solutions aux grandes urgences de la population dont l’énergie. Au lieu d’aller quémander auprès de la Banque mondiale et consort, le gouvernement a décidé de contracter un prêt d’urgence pour rétablir le courant dans nos foyers. Je ne reviens pas sur les effets positifs de cette stabilité énergétique. Le prêt est aujourd’hui remboursé à 95%. C’est une marque de fierté car ce sont les Comoriens eux-mêmes qui sont à la fois payeurs et bénéficiaires du prêt.

Pour El-Maarouf, le Président préfère engager aussi un processus de prêt pour concrétiser un projet phare. Son but est de mettre fin aux humiliations faites aux Comoriens à l’extérieur en voulant se faire soigner. Comme il a créé l’université pour maintenir les jeunes comoriens dans leur pays, le Président veut cette fois encore maintenir les Comoriens malades dans leur pays, c’est ça sa vision propre. Azali n’a pas attendu des aides empoisonnées pour lancer les travaux. Car ceux qui donnent ces aides vont chercher à commander ce pays et ses dirigeants. Chose qu’il refuse et qu’il refusera toujours au nom de l’honneur du peuple comorien.

Au jour d’aujourd’hui, le gouvernement compte zéro arriéré de salaires sans aucune aide budgétaire extérieure ni injonction venant des institutions de Breton Woods comme on a l’habitude de voir. Des projets de constructions des voiries urbaines (Bambao et Washili à Ngazidja, Domoni à Anjouan, par exemple) sont financés sur fonds propres. C’est aussi une marque de fierté et d’affirmation de la souveraineté de l’Etat. Les assises nationales organisées en février 2018, c’est des fonds propres dans un pays où le petit séminaire doit toujours faire l’objet d’une quête honteuse auprès des bailleurs étrangers. Ceci au mépris du pays et à sa population.

Sur la question de Mayotte, la France fait preuve de respect envers les nouvelles autorités. Elle sait qu’elle à faire avec des responsables qui sauront défendre l’intégrité et la souveraineté de leur pays. En diplomatie, les compromis et le pragmatisme sont nécessaires dans toute discussion. Mais le chef de l’Etat et son ministre des Affaires étrangères savent bien qu’il y a une ligne rouge à ne pas franchir : pas question de brader Mayotte qui est comorienne et qui le restera pour toujours.

Ces deux dernières années, l’autorité de l’Etat s’est bien affirmée, le Président a tenu bon. Le point saillant de cette affirmation de la souveraineté de l’Etat est sans nul doute l’organisation du scrutin référendaire : le gouvernement a mis des fonds propres pour la tenue des opérations de vote du début à la fin. De même, l’Etat comorien compte financer sur fonds propres les prochaines élections anticipées. C’est du jamais vu dans l’histoire politique de ce pays. On peut ne pas être d’accord avec certaines prises de positions du Président mais nier ces actes posés, ce serait de la pure ingratitude à la comorienne. L’Union européenne, la France, la Banque mondiale, le FMI et les autres organismes réfléchissent deux fois avant de dire quoique ce soit…Il faut s’en féliciter.

Depuis son arrivée au pouvoir, le chef de l’Etat souhaite toujours mettre l’accent sur « Etat fort » au service du développement. Un Etat qui saura imposer la loi à tous. Un Etat qui pourra dire non à une ingérence extérieure. Un Etat qui prendra en charge sa destinée et qui ne sera pas humilié par des petits fonctionnaires internationaux qui viennent avec des projets sans effet concret sur le terrain. Un Etat qui se démarquera à l’échelle internationale en prenant en charge son propre fonctionnement sans attendre de l’aide étrangère.

Les Comoriens ont tourné le dos à Ali Soilihi. Et ils le regrettent aujourd’hui. Les chefs d’Etat (à l’exemple de Paul Kagamé au Rwanda) qui ont pu faire quelque chose dans leurs pays sont ceux qui ont réussi à imprimer des signaux forts en refusant toute tutelle quelconque, en protégeant l’image et l’honneur de leur pays, en refusant des miettes et en mettant le pays en chantier. Je suis de ceux qui le critiquent sur certains aspects mais c’est un humain. Il a ses défauts et ses qualités. J’estime que l’affirmation de l’autorité de l’Etat est une des grandes qualités du Président. Et ces deux dernières années, il l’a montré en défendant l’honneur du pays.