Azali Assoumani : les raisons de sa bataille [Partie 1]

Ni réactionnaire, ni révolutionnaire, Azali Assoumani marche dans les pas d’un Léopold Sédar Senghor, pressés de moderniser son pays, le président comorien est un « réinventionnaire ». Il veut réinventer les choses, imposer la modernité, en insistant sur le développement économique. Cela fait-il de lui un candidat plus qu’engagé pour 2019 ?

C’est l’homme qui bouge les castes qui opposent, qui applaudit ceux qui s’impliquent, donc toute la vie politique comorienne. Depuis le 26 Mai 2016, Azali Assoumani agit comme un batailleur pour Les Comores ; il sait que le temps est venu pour les Comoriens de relever les défis. Leur défi ! Faire des Comores un pays prospère et émergent. Sa liberté de parole, son inventivité et son pragmatisme ont ringardisé non seulement la vieille idée de fanfaronner en indexant que vous soyez du pouvoir «Mwana hatru» ou de l’opposition «Ndawo», mais également l’attentisme légendaire des Comoriens, cette permanente synthèse des contraires dans un jeu à somme nulle.

La politique d’attente et d’opportunisme de certains doit disparaître au profit de l’intérêt général, et c’est là que l’azalisme dévoile ses lettres de noblesse. La nécessité de clarification entre tous les partis que composent la classe politique, celle des acquis de la réconciliation nationale, les conclusions des Assises nationales à protéger à tout prix et celle du modèle économique à réinventer. L’azalisme, c’est Senghor pour le fond et Azali dans la forme. L’azalisme, c’est aussi Lee Kuan Yew dans le style et… Azali pour les idées !

L’émergence des Comores repose essentiellement sur le leadership du président Azali Assoumani qui s’est engagé ouvertement pour réformer. Il n’est pas surprenant que son mandat de deux ans et demi ait été marqué par des efforts concrets pour faire aboutir et mettre en œuvre de vastes projets tant attendus. Malgré le brouhaha de certains politiciens, qui veulent nuire coûte que coûte l’image  du président via les réseaux, le pays est également présenté comme ayant réalisé des avancées socio-économiques significatives à la fin de l’année précédente. Ambitieux pour son action en tant que dirigeant, ayant réussi à réaliser plus de progrès décisifs au cours de ces dix dernières années. Deux ans et demi auront suffi à ce militaire de formation pour faire de ce pays de plus de 800 000  habitants, logé au cœur de l’Océan Indien, l’un des futurs parangons indianocéaniques en matière de bonne gestion et de bonne gouvernance.

C’est l’homme qui veut bouger les choses dans le bon sens. Le Chef de l’État compte étendre le domaine de sa bataille. Tout le monde le sait, l’économie comorienne ne pourra se moderniser que si notre pays change de système social, reconstruit des bases sereines à l’esprit d’entreprise et restaure l’Éducation nationale. Ce ne sont pas des ajustements qui sont nécessaires, mais des refondations complètes. C’est connu, beaucoup d’entre nous refusent un changement qui impose trop d’efforts immédiats pour une amélioration trop lointaine et trop comptable. D’un côté, l’union de l’opposition ou plutôt l’union des conservatismes et des privilèges bloque les évolutions indispensables. Nous connaissons les cafouillages du Palais Hamramba et ses opposants parlementaires. De l’autre, le pays profond se sent trop malmené à travers des projets fantômes, à l’exemple du projet Habitat. Azali Assoumani prend acte et offre les outils pour avancer au rythme du monde, et réclame une ambition collective confortable et une entrée paisible dans l’Histoire. Bref, entre ceux qui veulent endormir les Comoriens et les Comoriens qui veulent s’endormir, l’union sacrée est décrétée pour sortir dans la pauvreté après 44 ans d’indépendance. C’est maintenant ou jamais !

« Ce qui fait la différence entre Azali et nombre de ses pairs dans la région ? Cela tient en deux points. La volonté de réformer et le souci de l’efficacité« , glisse un diplomate résidant à Moroni.  De fait, il existe une « Méthode Azali » pour réformer. C’est de celle-ci dont il compte s’inspirer pour dépoussiérer les prochaines échéances. Une grande entreprise qui, en réalité, a déjà commencé. D’emblée, le locataire de Beit-Salam a mis sur pied un comité de pilotage composé de personnalités qualifiées issues, non du sérail politique, mais de différents horizons, sans égard pour l’origine géographique pour réfléchir «Les Comores de demain». « Seule la compétence importe« , glisse l’un de ses conseillers. Chaque mois, des réunions de suivi sont organisées, l’occasion notamment de vérifier si les objectifs assignés la fois précédente ont été atteints. À chaque blocage doit correspondre une solution. Et parce que le temps compte. Et pour accélérer encore la prise de décision, il n’hésite pas à dépêcher ses ministres sur le terrain.

Corriger le pays à la marge, après des mois de bataille politique, n’en vaut plus la peine; aujourd’hui, agir, pour un réformiste, c’est accepter qu’une montagne d’ennuis accouche d’une souris sans dents. Les plus prudents, tentent des réparations minimales, empilent rustines et rapiéçages en attendant que les vents nous poussent, mais ces alizés-là ont fui pour toujours nos rivages. Les plus téméraires, proposent des changements radicaux pour, dans la mêlée et la colère, arracher un moins qui sera quand même un mieux. On ne pourra redresser Les Comores qu’avec la volonté de chaque citoyen.

HS