Focus : « Maoulid Nabawi » chronique d’un fait divers contagieux

Peut-on céder la religion à des considérations politiques ? Les Comores s’affirment depuis la naissance de l’État en 1975, grâce aux droits et devoirs définis par la religion musulmane de rite sunnite chaféite, mais pas seulement. En effet, grâce à l’influence de la communauté internationale la liberté de circulation, la liberté d’expression sont aussi des droits garantis par nos constitutions successives.

Au vu de ceux que l’on vit depuis le début de ce mois de Maoulid Nabawi, cette cérémonie religieuse et culturelle, s’est peu à peu transformée en tribune pour certains opposants au régime, qui s’emploie à exprimer leurs colères. Dès que l’occasion leur est donnée. Cette faillite de l’intelligence n’est plus ni moins qu’un mépris à la religion et à nos traditions. On assiste par exemple à l’instrumentalisation de nos villages, qui « malgré eux » se retrouvent pris en étau par ce mirage politique. Dépourvus de rigueurs régionales ou nationales. Ces opposants profitent donc de cette confusion pour se réfugier dans leurs petites localités pour pousser leurs sympathisants de scander « AZALI EST INTERDIT DE PARTICIPER… », « AZALI, N’EST PAS LE BIENVENU … » Et la fête continue. 

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Les différentes intox et Fake news reprises par quelques pages sur les réseaux sociaux nous sortent que « le Président de la République est interdit d’aller au Maoulid de certains villages ». Mais nous sommes loin de la vérité.

Il s’agit de message de propagande absurde et taillé en sur mesure par les détracteurs qui, il faut le reconnaître, font virtuellement la pluie et bon temps dans leurs villages respectifs.

Sans se contredire, l’ancien chef de l’État-major du régime d’Ali Soilihi, Mohamed Ahamada, un homme dont tout le monde connaît les atrocités autant du régime révolutionnaire a lui aussi une fois de plus, affiché son agacement face au régime. Il fait partie de ceux qui ont instrumentalisé le village de Ntsoudjini pour arborer les couleurs de l’opposition, derrière leur enfant Mouigni baraka Saïd Soilihi. Il s’agit là d’un sacrilège à l’égard de notre religion, qui se définit entre autres, par le principe de paix. Mais visiblement lorsque politique et gouvernance villageoise s’entremêlent, on oublie rapidement les principes de la religion.  

Grâce aux infrastructures routières et numériques, aujourd’hui de nombreuses des institutions financières régionales et internationales nous accorde un bilan globalement positif. Au lieu d’encourager notre gouvernement qui, durant trois exercices a réussi à maintenir une croissance économique dont les effets nous ont conduit au club des pays à revenus intermédiaire, ces personnes ne ratent aucune occasion pour manipuler et salir l’image de notre pays.

À mon sens, rien n’est plus important en 2020 que de retrouver le sens de notre avenir commun en tant que Comorien. Cela passera par la reconstruction de notre solidarité nationale, sans quoi nous risquons retourner dans la jungle humaine où la loi du plus fort prévaut.

Étant conscient que l’État ne pourrait jamais être maître des horloges, il est temps d’inventer de nouvelles solutions, d’innover notre façon de faire de la politique et enfin mettre de côté notre arrogance.