Said Larifou, un homme dangereux

Said Larifou. S’il n’a pas encore retenu votre attention, regardez sa photo et son front atypique. Écoutez attentivement ses interventions : vous ne les oublierez pas !

Il occupe depuis quelques mois auprès de l’opposition comorienne recroquevillée en France, la vaste mission de faire vaciller le gouvernement de l’Union des Comores.

Un «va-t-en-guerre». Avant de recruter Larifou, dont il n’aime pas ses manières ; Zilé, l’actuel instigateur des mouvements d’agitations de l’opposition, a mis à l’essai l’ancien Gouverneur de Ngazidja en fuite, Hassani Hamadi, qui n’a pas fait long feu et a été remercié. Zilé a dit et répété que Said Larifou lui convenait. Il sait parfaitement que c’est un « va-t-en-guerre ». Tous les deux viennent du sud, ils se connaissent. Des fanatiques de poker menteur, le célèbre jeu de bluff.

Si nous consacrons aujourd’hui cette livraison de «Hari Progrès» à ce Said Larifou, Fondateur-Président du parti RIDJA (Rassemblement pour une Initiative de Développement avec la Jeunesse Avertie), c’est parce qu’il occupe une fonction qui lui permet de déclencher une guerre entre les Comoriens.

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Comme vous allez le voir ci-¬dessous, cet homme est un imposteur politique. Un génie affabulateur d’une espèce rare. Pourquoi le clan des opposants comoriens, qui dit vouloir terminer avec le régime Azali Assoumani et donner le meilleur d’eux-mêmes aux Comoriens, a-t-il pris ce boutefeu pour en faire leur plus grand porte-parole ?

Pourquoi ce petit clan d’opposants dépassés s’est-il encombré d’un interventionniste à tous crins ? Sans doute pense-t-il qu’il saura mieux parler la langue de Molière que les autres suiveurs de la troupe.

Mais, en attendant, l’enfant de Foumbouni utilise son savoir-faire pour, au nom de l’opposition et de leur prophète Zilé, multiplier les bavures, les interventions médiatiques, déplacer les foules, alterner mises en garde et menaces. Un jour ou l’autre, par accident ou délibérément, les Comoriens de l’extérieur se trouveront dans une impasse de déchirements, de désunion, si l’ancien candidat à l’élection présidentielle ne rétrograde pas son allure.

Avant d’accéder aux responsabilités qu’il exerce depuis quelques mois, en devenant le premier vice-président du Conseil National de Transition (CNT), Said Larifou s’est exprimé à plusieurs reprises sur le sujet de la désobéissance et des soulèvements populaires. Il lui est donc loisible d’affirmer sans sourciller : « Le président du CNT, Mouigni Baraka sait très bien ce que je pense et pourquoi je milite ; de mon côté, je sais ce qu’il ne veut pas, de même que je sais que je ne pourrai pas obtenir de lui qu’il fasse tout ce que je veux et lui recommande. » « Il me laisse une grande latitude. Je sensibilise les mouvements à l’extérieur, je cogne et je cours en solo. Mais je ne parle pas en son nom et ne l’engage pas. »

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«Le gouvernement de l’Union des Comores doit démissionner et constitue un danger imminent en retardant cette obligation. Attaquons-le avant qu’il ne nous attaque et détruisons ses projets. C’est légitime et notre sauvegarde est à ce prix », a-t-il dit et répété plusieurs fois.

Rappelons-le. Le leader du RIDJA est bien connu des faits divers. Arrêté et puis condamné en 2003, suite à ses bavures politiques. Auteur de faits, jugés atteintes à la sécurité de l’État, il quitte la prison de Moroni en 2014. Il récidive quelques années plus tard. Accusé d’outrage au Chef de l’État comorien et incitation à la haine et de ce fait à nouveau arrêté. Battu sèchement à l’élection présidentielle comorienne de 2019, avec 2.12%, l’ancien avocat, né à Diégo-Suarez, a menti les médias et ses propres partisans, en indiquant qu’il aurait été blessé par balle lors d’une manifestation non autorisée, qui avait lieu à Moroni ; il a menti parce qu’il voulait fuir. On a jamais retrouvé des balles dans le corps d’athlète de Said Larifou.

De Said Larifou, ceux qui ont suivi et ont entendu les commentaires sur la chaîne Youtube – Médiapac Comores ont eu l’impression qu’il veut bombarder tous ceux en qui il voit des proches du Président Azali Assoumani. Auxquels s’ajoutent désormais les Comoriens qui applaudissent les efforts de ce dernier.

Il a été l’allié au cours des dix dernières années de dix leaders politiques. D’Ahmed Abdallah Mohamed Sambi à Azali Assoumani, en passant par Ikililou Dhoinine, Mohamed Ali Soilihi (Mamadou), Fahmi Said Ibrahim, Mohamed Soilihi (Campagnard), Mouigni Baraka …etc. Les détenteurs du pouvoir, les présidents, les ministres, les directeurs généraux des sociétés d’État, il les a soutenus, accompagné quelque temps avant des élections, avant de changer de camp. Changer de discours, changer de veste, voire changer d’île ou de pays (Réunion, Comores, France, Madagascar).

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Tel est, à grands traits, l’homme que Dr Zilé Soilihi a installé auprès de lui comme conseiller et porte-parole de la Diaspora. Larifou est-il différent de Zilé ? Je crois qu’ils se ressemblent et se complètent à la fois : deux troufions d’extrême folie disposant d’un immense pouvoir et prêts à en abuser. Une grande gueule !

Hamid Mohamed