Saïd Mohamed Sagaf : l’Alpha et l’Omega comorien

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Un train peut en cacher un autre. Et quand le diable devient vieux, il se fait ermite.

Dans un pays où tout le monde se fiche du passé des hommes politiques, le chemin est encore long avant de venir à bout de la corruption. Car comme préalable, il faudrait non seulement une application stricte des lois, mais également un véritable sens commun du devoir moral. Mais chez nous, on dirait presque que c’est comme une maladie qu’on découvre subitement, et plus on essaie de la soigner et plus on se rend compte qu’elle est incurable.

On a cru que cet homme qui présidait le Comité de Pilotage des Assises Nationales (CPAN), allait saisir cette aubaine pour se faire pardonner son passé et se réconcilier avec le présent. En effet, souvent les gens se taisent pour pouvoir s’en sortir incognito. Mais non ! Ce vieux insatiable continue de jouer encore et encore au chat et la souris. En tout cas, l’expression « mains propres » ne lui convient pas du tout. On lui préférerait plutôt comme qualificatif la pièce de théâtre de Jean Paul Sartre « les mains sales », car chez nous comme ailleurs, faire de la politique c’est se salir les mains.

En politique, il arrive de pardonner aux morts, mais jamais aux vivants. L’histoire de Saïd Mohamed Sagaf est assez drôle. Pour rappel, le défunt Président Saïd Mohamed Djohar fut marié à la mère de Saïd Mohamed Sagaf. On sait très bien ce qu’impliquent les liens familiaux en termes de clientélisme dans la sphère politique comorienne. Cet état de fait a donc favorisé la prise d’influence de Saïd Sagaf sur le devant de la scène nationale.

Lorsque Saïd Abdallah Mchangama dit Tahomba, épousa la fille aînée de Djohar, le Président le nomma au poste de Ministre des Finances, puis à celui de président de l’Assemblée. A son tour, Sagaf a été nommé Ministre des Affaires étrangères, utilisant sa mère comme un bouc émissaire pour arriver à ses fins. Tout le monde connaît le conflit qui opposa les deux hommes suite à leurs nominations respectives, avec des scandales et des situations de conflits d’intérêts à répétition.  Mais passons.

Conscient de son immunité diplomatique, il décida à l’époque d’utiliser ses valises diplomatiques pour faire passer de la drogue, qui transitait notamment par sa résidence qui se trouvait à Maloudja/Mistamihuli. Cocaïnes marijuana et d’autres produits stupéfiants ont notamment été découvres par un jeune gendarme originaire de Mdé, avant que le corps de ce dernier soit découvert sans vie deux jours plus tard. Son système mafieux ne s’arrête pas là. Il décidait selon son bon vouloir du déclassement des dizaines des domaines publics, au profit de ses proches de Mistamihuli et Moroni.

Resté dans l’ombre durant des années, il saisit la solennelle main tendue par Ali Nassor et le Président de la République, pour enfin sortir sa tête de l’eau. Et pourquoi donc ?