Maître Mahmoud en plein tournage de la saison 2

Nous voulons bien d’un roi, à condition qu’il se préoccupe de nos souffrances.

Allons-y droit au but. Qui connaissait maître Mahmoud dans ce pays ? J’exclus les professionnels du droit qui ont leurs habitudes au tribunal de Moroni.  Et aujourd’hui, il veut prendre les Comoriens pour des enfants, après avoir voulu gagner la dernière échéance électorale sur le dos de Sambi.

De l’époque 2006, tout le monde se souvient les mentors et soutiens de la première heure de l’ancien Rais Sambi, et Mahmoud n’en était pas. C’est au bénéfice d’une circonstance exceptionnelle, à savoir la poursuite judiciaire du président Sambi, qu’il s’est invité au sein du premier cercle de Sambi. La preuve en est, son adhésion au parti Juwa remonte seulement à l’année 2017.

Il faut toutefois le reconnaître, Mahmoud a réussi là où Me Fahmi Saïd Ibrahim a échoué. Et les raisons sont simples.

  1. En ce qui concerne la politique, Fahmi Saïd Ibrahim et Ibrahim Ali Mzimba cohabitent dans une situation de conflit permanent. Les deux hommes ont eu à exercer un mandat législatif et les deux s’attaquent mutuellement hors médias. C’est notamment en raison de ces affrontements que Fahmi avait sollicités de l’ancien Rais Sambi, l’attribution du poste de ministre des Affaires étrangères afin de répondre aux attaques de Ibrahim Mizmba (le plus jeune ministre des Affaires étrangères au temps du défunt Mohamed Taki aboulkarim).
  2. Mahmoud a oublié que ces deux avocats sont issus de localités qui pèsent sur le corps électoral. Lui au contraire, est méconnu dans sa région. En effet dans le Woichili-Dimani, on parle de Djaé Ahamada Chanfi et de Maoulana Charif. Ces deux hommes ont exercé plusieurs mandats politiques pour le compte de la région, à l’instar de la position qu’ils ont tous les deux eu, la vice-présidence de l’assemblée,

Issu du petit village touristique de Chomoni ayant un seul bureau de vote (qui n’atteint même pas de 600 votants), maître Mahmoud sait parfaitement qu’il ne fera aucun chiffre sérieux dans la région. Il pense peut-être qu’on est toujours au temps de Sambi, où la magie en politique était possible et crédible.

De plus, maître Mahamoud sait qu’avec le dossier de Sambi et ses 300 millions de dollars de détournés du programme de la citoyenneté économique, il n’aura plus besoin d’affaire pour vivre. Ce fut aussi le cas de maître Bahassane et le dossier d’indemnisation des familles suite au crash de la compagnie yéménite.

Maître Fahmi s’est rendu à Mutsamudu lors de la précédente campagne pour deux objectifs :

  1. Retirer le dossier de Sambi des mains de maître Mahmoud ;
  2. Obtenir du lobby de Mutsamudu qu’il ne soutienne pas Mahmoud.

Tout le monde le sait, maître Mahmoud est un sunnite affirmé. Mais l’odeur de l’argent et la politique lui oblige de mettre en veilleuse sa religion. Il joue alors avec cette ambiguïté pour affirmer son appartenance du parti Juwa.

On en retient qu’il est devenu un homme politique en profitant des crises qui ont secoué le parti Juwa, mais il est loin de faire faire l’unanimité au sein du parti, d’où son échec aux précédentes élections. Maintenant qu’il a goûté à l’exaltation électorale, il en redemande encore. Par contre, pas sûr que le parti Juwa lui offrira encore une fois son soutien sur un plateau d’argent.  

Les nouvelles sont formidables les séries télévisées sont devenues des films. Maître Mahmoud, vous avez joué la saison 1 de votre série, et celle-ci se poursuit dans quelques mois aux prochaines élections législatives. Nous avons hâte de voir la saison 2 !