Les aveux de honte

Résumé de l’article :

  • Maître Mahmoud signe et persiste que son client, Sambi était au courant du dossier de la « citoyenneté économique ».

  • L’avocat a tenté de légitimer la corruption orchestrée par son client, en nous expliquant que Mamadou aurait volatilisé seul, près de 300 millions de dollars sans que Sambi ne soit au courant.
  • Ce qui le gêne c’est seulement le « non-respect » de la procédure judiciaire, qui aurait mal « qualifié » l’infraction commise.
  • Et si Ibounassuya avait raison le jour où son chef lui confia la responsabilité de veiller sur les plantations.
  • De par son ampleur, cette histoire nous rappelle presque le scandale du programme de financement dit « Interaide», détournée » par M. Saïd Abdallah Mchangama dit « Tahomba ».

Au milieu de la défense de son client, devant les animateurs improvisés de Facebook FM, l’avocat maître Mahmoud signe et persiste que son client, l’ancien chef de l’État Ahmed Abdallah Mohamed Sambi (2006-2011) était au courant de ce gigantesque crime financier qu’est le dossier de la « citoyenneté économique ». Du jamais vu aux Comores depuis que le pays accéda à son indépendance.

On dit que chacun est maître de son destin, et à en croire la déclaration de Me Mahamoud, ce n’est pas le cas de Sami. En effet, l’avocat a tenté de légitimer la corruption orchestrée par son client en avant et je cite : « il n’a pas pris l’argent de la citoyenneté, mais il était au courant que l’argent était à la banque » fin de citation. En somme Mahamoud est en train de nous expliquer que Mohamed Ali Soilih alias Mamadou aurait volatilisé seul, près de 300 millions de dollars soit 134 935 768 383 francs comoriens sans que Sambi ne soit au courant.

Mahmoud, avez-vous une âme ?  Pouvez-vous aux Comoriens que Sambi ignore tout de cette somme colossale ? En tout état de cause, cette somme est bien réelle. Vous pouvez jouer à la victime justicière en parlant de procédures de ceci et de cela, mais la justice divine et le jugement de nos consciences ne vous épargneront pas. En bref, notre Jacques Vergès national accepte que l’argent ait été bien volé, mais ce qui le gène c’est seulement le « non-respect » de la procédure judiciaire, qui aurait mal « qualifié » l’infraction commise. C’est un bon début.

Comme on dit des magistrats corrompus, les avocats aussi peuvent être corrompus. En somme, il n’y a pas de grande différence, juste des degrés différents.

Et si Ibounassuya avait raison le jour où son chef lui confia la responsabilité de veiller sur les plantations. Dans cette histoire, des bêtes débarquèrent dans le champ pour les plantes qu’ils devaient garder. Et lorsque son chef est venu constater les dégâts, la réponse d’Ibounassuya était sans équivoque : « mon rôle est de veiller sur le champ, ce que mangent les bêtes ne me concerne pas ».

De par son ampleur, cette histoire nous rappelle presque le scandale du programme de financement dit « Interaide », détourné » par l’ancien argentier de l’État sous la présidence du défunt Saïd Mohamed Djohar, à savoir M. Saïd Abdallah Mchangama dit « Tahomba ». Ce dernier passa alors de longues années à l’étranger pour dissimuler cette fortune dans divers paradis fiscaux et faire disparaître les traces de ses méfaits. Il est intéressant de le voir aujourd’hui se poser en donneur de leçon. Que dis-je, en autorité morale !