Quand Corruption, suscite des Vocations – Partie 4

Aujourd’hui, nous allons vous rappeler la manière dont M. Mchangama s’est service de la « Démocratie » et du secret d’État pour se constituer un pactole.

Aux Comores, parler de droit et de démocratie amène forcement à décrire le passé politique et économique. Mais dans un pays où le peuple se fiche royalement des archives et de  l’histoire de ces hommes politiques, on dirait que tous les coups sont permis. En effet, en matière judiciaire, il existe le droit à la réserve et au secret d’État. Mais chez nous, à force de jouer avec ce principe, on a érigé l’impunité en pratique nationale. De fait, nos hommes politiques se sont accommodés et se sentent hors d’atteinte de toute forme de poursuite.

Mchangama a joui de la faiblesse, de la négligence et du clientélisme de son beau-père Papadjo. Son attitude était alors motivée par l’influence omniprésente de sa famille dans le champ politique.

Beaucoup de Comoriens se rappellent encore du conflit qui l’opposait à Monsieur Sagaf, qui était alors Ministre des Affaires étrangères. Profitant de cette dissension et de la confusion au sommet du pouvoir, Tahomba saisit cette occasion pour vider les caisses de l’État en faisant souvent l’amalgame entre intérêts familiaux et prérogatives politiques. En effet, sa position et son mariage lui donnaient alors beaucoup d’avantages et la latitude nécessaire pour agir de la sorte.

C’est en effet à cette période que les Comores ont vu exploser le nombre de formations politiques. Nous avions alors près de cinq cent mille habitants, pour un total de vingt-quatre partis politiques.

Officiellement, les sommes détournées devaient servir à financer la « politique » et les formations politiques au nom de la « Démocratie » tant prôné à l’époque. Ainsi, on ironisait en disant que chaque famille pouvait avoir droit à créer son parti.

Toujours au nom de la démocratie et du développement, le même Tahomba a ramené le Président à Paris pour assister à la réunion sur la crise de la dévaluation de notre monnaie (alors qu’il n’était invité) dans le cadre du  fameux programme d’ajustement structurel. Mais l’objectif ici recherché était – selon ses proches de l’époque – trouver un prétexte pour avoir un profit personnel, quel qu’il soit…