À peine trois ans, et les réformes institutionnelles portent déjà leurs fruits

L’article en bref :  

  • 3% de croissance selon la BCC, un chiffre qui aurait été communiqué davantage si nos dirigeants avaient une culture du chiffre et de l’Économie.


  • Le Président Azali a hérité d’une situation désastreuse sur le plan économique, héritage de plusieurs décennies d’Ajustement Structurel et de crises internes.


  • L’État moderne est un processus historique et non une universalité. Ce processus est lié au contexte des spécificités de l’Union des Comores.


  • Les assises nationales ont permis d’élaborer une stratégie globale de refonte de l’économie, dans un pays de 800 000 habitants où on avait 3 vice-présidents, 4 parlements, 40 ministres/commissaire, etc.


  • Grâce au dialogue national, nous avons créé une vision imagée de l’État moderne pour soutenir l’objectif d’Émergence du pays.


  • D’un point de vue social, les mouvements de révolte des nostalgiques de l’ancien système de Comores Telecom, de la Douane, de la SNPSF ou de la MAMWE, qui par le biais de grève ou de « révoltent », expriment leurs amertumes.


  • D’un point de vue économique, nos rapports financiers sont aujourd’hui authentifiés et repris par la Banque Mondiale et le FMI. Les Comores ont été classées parmi les pays à revenus intermédiaire, suite à une analyse des efforts et performances économiques de ces trois dernières années.


  • En définitive, à l’instar de la Chine, pour atteindre l’efficacité, il faut parfois savoir maintenir un cap, coûte que coûte.


Il y a de cela un an, la Banque Centrale des Comores (BCC) faisait état dans son rapport annuel, d’une croissance de 3%. Un chiffre qualifié par les détracteurs du régime comme étant des biaisés, voir fantaisiste. Il faut rappeler que nous vivons dans un pays où les revues (ou magazine) financières n’existent pas et que la grande majorité des presses nationales méconnaissent ce domaine rigoureux qu’est l’économie, nécessitant une approche scientifique et non politique voir passionnelle.

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Cependant, dans un pays où ceux qui prétendent diriger sont incapables de lire et encore moins d’expliquer une note financière sans commettre d’énormité, cela n’offusque personne. Mais bon, passons.

Sans vouloir faire un cours d’histoire de la finance comorienne, nous allons relater certains points clés qui permettent de comprendre les causes de la situation désastreuses dont le Chef de l’État a hérité en arrivant au pouvoir en 2016.

  1. Au cours des dix dernières décennies, les Comores n’ont pas échappé aux fameux Programmes d’Ajustement Structurel (PAS) du FMI censés faire remonter la pente aux pays pauvres très endettés.
  2. De plus, au cours des années 90, notre pays a connu plusieurs crises séparatistes, menaçant l’unité de la nation.
  3. Ce qui a eu pour cause directe, le départ de plusieurs investisseurs.

On dit communément que lorsqu’un divorce est consommé, il est souvent difficile de discerner la fêlure originelle et les étapes du désamour.

L’État apparaît comme une structure allant de soi pour les citoyens or le processus de naissance de l’État moderne est un processus historique qui n’est pas universel. Ce processus est lié au contexte des spécificités de l’Union des Comores. Il est donc nécessaire afin de comprendre qu’est-ce que l’État moderne de s’interroger sur les processus qui sont à l’œuvre dans sa formation.

Ainsi, on peut raisonnement dire que le Chef de l’État a eu raison de faire appel aux Comoriens par le biais d’assises nationales, afin d’élaborer une stratégie globale de refonte de l’économie.

Une réflexion rapide permet de faire ressortir deux enjeux majeurs, à savoir :

  1. ne pas perdre totalement la maîtrise de son destin en disposant d’une vision voulue et partagée avec la population, selon ses aspirations et ses réalités ;
  2. reprendre la main sur les finances publiques et le modèle économique, après avoir été assistés pendant des années par les programmes de la Banque Mondiale et le Fonds Monétaire International.

En somme, cette mutation ou pour mieux dire ce renforcement des institutions politiques et financières, a pour elle le réalisme et l’intelligence de la vision d’Émergence du Chef de l’État. Et pour preuve, en réduisant le nombre et les compétences des superstructures et/ou institutions, l’État se dote d’une cohérence dans ses missions, d’une culture de résultat permise par la responsabilisation des hommes et des administrations et surtout réalisent d’économies subséquentes sur ses dépenses de fonctionnement. Il est vrai que c’était un peu abusé que d’avoir dans un pays de 800 000 habitants 3 vice-présidents, 4 parlements, 2 supers cours (suprême et constitutionnelle), 40 ministres/commissaire, 4 administrations des impôts, etc.

Entre 2016 et 2019, l’Union des Comores s’est attelée à se doter d’une administration performante et dégraissée, d’une armée républicaine, d’une justice équitable, et d’une unique assemblée représentative. Ce nouvel État sécularisé est aujourd’hui incarné dans la figure du Président Azali. Certains disent que l’État naît lorsqu’un homme ou un groupe d’hommes décident d’imposer leurs volontés aux évènements. Pour les Comores, on peut dire que c’est grâce au dialogue national que nous avons créé une vision imagée de l’État moderne pour soutenir l’objectif d’Émergence du pays.

D’un point de vue social, la « faim » a désormais cessé d’être une raison au détournement de fonds public et l’impunité n’est plus une référence sociale communément admise. À en croire les mouvements de révolte des nostalgiques de l’ancien système de Comores Telecom, de la Douane, de la SNPSF ou de la MAMWE, qui par le biais de grève ou de « révoltent », expriment leurs amertumes. Nous devons ces changements à la prise de conscience des Comoriens, soucieux de changer leur pays. Encore une fois, pour avoir in fine des institutions fortes, nous avons besoin d’homme fort de conviction afin d’imposer à leur échelle, leur compréhension de la volonté du Chef de l’État.  

D’un point de vue économique, les 3% de croissance sont en partis dus aux trois années de stabilité énergétique qu’a connu le pays, n’en déplaise aux détracteurs de mauvaise foi. De plus, nos rapports financiers sont aujourd’hui authentifiés et repris par la Banque Mondiale et le FMI.

Le 1er juillet 2019, les Comores ont été classées parmi les pays à revenus intermédiaire, suite à une analyse des efforts et performances économiques de ces trois dernières années. En effet, de par les investissements réalisés dans les infrastructures notamment dans les routes, nous avons développé une connexité entre les centres de productions ruraux et les grandes villes (centre d’affaires), ce qui a permis à notre secteur primaire (l’agriculture) de s’apprécier rapidement et de peser davantage dans le calcul du PIB. Selon ce calcul, secteur tertiaire grâce notamment aux sous-secteurs « services privés » et « activités financières et assurances », vient lui occuper la seconde place quant à sa contribution à la richesse nationale.

En définitive, on retiendra qu’un État sort de son marasme économique, lorsqu’il décide d’adapter ses institutions aux exigences de la compétitivité et de l’atteinte des objectifs supérieurs de la Nation. Cela doit être fait de façon sérieuse et juste, dans une dynamique ponctuée de rigueur et de dirigisme. À l’instar de la Chine (et même de certains secteurs d’activités aux États-Unis), pour atteindre l’efficacité, il faut parfois savoir maintenir un cap, coûte que coûte.

Source : https://www.banquemondiale.org/fr/country/comoros/overview