Tout ce qui tremble n’est pas une révolution

À l’agonie depuis plusieurs mois, on fait le constat consternant qu’il est difficile de faire converger dans notre pays, une opposition « digne » et constructive.

En raison de la perte, jour après jour de leurs bases de sympathisants et le manque de discours de rassembleur, il a fallu attendre la venue miraculeuse d’un vieux routier de quatre-vingt-sept ans pour se relancer sur la scène politique. Mais combien de temps encore vont-ils se reposer sur un vieillard à la morale douteuse, fût-il leur fer de lance ? On se souvient de Mouigi baraka Saïd Soilih et Razida qui, dès que l’occasion se présenta, se sont précipités dans une cérémonie de mariage pour exprimer leur réaction et leur semblant de soutien. 

Ébahis par cette affaire de Madjilisse à Moroni, fief de Sambi, les blogues et les pages se sont-ils posé les bonnes questions ? Mais comment a-t-on pu faire confiance à une planche pourrie en premier lieu ? N’était-il pas déjà arrivé à son paroxysme, lorsqu’il avait contribué à installer à Beit Salam un système d’infâmes turpitudes (Sambi) ?

Il est d’autant plus consternant de voir aujourd’hui le portait que l’on essaie de brosser à  Saïd Hassan Saïd Hachim, ancien ministre des Affaires étrangères et gouverneur de Ngazidja. En effet, si certains disent qu’il s’agit d’un homme d’honneur, qui n’avait rien fait de mal (ou presque en dépit de preuves), qui n’avait jamais pris de participation illégale, ni de détournement de fonds public lorsqu’il était aux affaires, c’est tout simplement parce que les Comoriens n’aiment pas l’histoire. Ceci peut aussi s’expliquer par la prescription judiciaire, ou tout simplement parce que nos médias ne retournent pas leurs archives.

Il est vrai que de façon générale, les Comoriens n’aiment pas que l’on parle en mal de leurs aînés ou oncles. Mais soyons sérieux, lorsqu’on veut fait la morale à ses contemporains, on se doit aussi en prélude, d’accepter son passé et de demander pardon à son peuple.

Monsieur, vous n’êtes pas un homme « propre », comme ceux qui ont vécu à votre époque le relatent.  Tout le monde se souvient de votre histoire avec Omar Nourdine, membre du conseil de l’île de Ngazidja, présidé à l’époque par Mohamed Souffeine. A cette période, Monsieur, Saïd Hassan occupait le poste du gouverneur de Ngazidja. Entre Omar Nourdine et Saïd Hassan, le courant ne passait pas. Pour la petite histoire, monsieur Ndjizi – comme on le surnommait à cette époque – exigeait que monsieur Omar Nourdine restitue sa voiture de fonction (alors qu’il était en poste) et lorsque ce dernier refusa, il lui sortit cette phrase (célèbre à l’époque) : « je te passe la voiture, mais toi tu retourneras le moteur ». Un pur excès de zel. Et en 2019, Saïd Hassan continue de se croire au-dessus de tous et de prendre les Comoriens pour ses marionnettes.

Toujours à l’époque, le gouvernorat avait bloqué plus de 10 millions de nos francs pour la construction de la digue dans son village natal, et avec la complicité de Mohamed Souffeine, ils ont partagé cet argent. Ni vu ni connu. Il n’en avait sans doute rien à cirer du conseil. Cette page d’histoire est ciselée avec amour et professionnalisme.

On se souvient aussi, lorsqu’il est entré à Beit Salam rencontrer le Président Ahmed Abdallah Abdéremane pour se plaindre (par pure jalousie) de l’attitude des enfants du Mufti.  Il reprochait alors aux enfants du Mufti de l’époque d’avoir construit des pavillons sur la route qui mène à l’actuelle Meck Moroni. Conscient de sa manigance et de ses intentions malveillantes, le Président lui a répondu affirmativement qu’« eux au moins, ils arrivent à gérer leur argent, mais toi tu ne fais que le brûler … ». Tout le monde sait comment cet ancien Président parlait et ne mâchait pas ses mots pour faire passer un message.

Notre pays est connu pour sa grande richesse à savoir sa quiétude, et cela depuis cette époque jusqu’à nos jours. Mais nous avons aussi hérité depuis ce temps des dinosaures, des sales habitudes de détournements de deniers publics ou encore de reclassifications des domaines publics à des fins personnelles.

Si ce grand dinosaure est toujours connu sous le pseudo Ndjizi, c’est qu’il est inlassablement attaché à l’esprit de l’alcool, depuis l’époque du journal de l’AFD, avec sa chéchia marocaine sur la tête et sa bouteille sur table, du soir au petit matin. 

Mes chers amis, ce ne sont pas les années qui font la sagesse. Les années ont juste fait de l’ancien ministre, un vieux ! Le miel a rendu Saïd Hassan gaga.

On retiendra toutefois, que Ndjizi comme l’appellent les hommes de sa génération (ceux qui sont toujours en vie), a toujours eu l’art de manipuler la vérité à son avantage. C’est un maître en la matière.

Dimanche dernier, il convoquait des notables de l’opposition chez lui. À se demander si ce ne sont pas eux qui sont partis à son chevet. Mais passons. Il souhaite désormais faire libérer Sambi, et pour ce faire, il n’hésite pas à affirmer que le Président Azali s’est rendu personnellement chez lui pour qu’il soit le médiateur. Oui le Président est allé chez lui affirme-t-il, alors que personne ne l’a vu, personne n’était au courant, sauf lui. Bizarre. Pire, pourquoi le Président le solliciterait déjà ?

Said Hassan Said Hachim après sa rencontre avec les notables sur l'etat de santé de Sambi

 

Futé l’homme. C’est un véritable loup politique qui considère que le pouvoir ne doit être tenu que par des gens bien nés. Mais cher Monsieur, nous les Comoriens d’en bas, nous ne partageons pas cet avis.