Le Président Azali, soucieux de réussir ses ambitions, fait le choix de la continuité de son équipe

Aux Comores, les changements des ministres à leurs postes ont longtemps pesé négativement dans la bonne conduite des affaires de l’État et la poursuite des chantiers de développement. Le Chef de l’État veut la consolidation des actions déjà engagées et dont certains apportent déjà leurs fruits : assainissement des finances publiques, travaux d’infrastructures, service public de la santé, université, transport maritime et aérien, reforment de l’administration, valorisation des produits de rente, voirie urbaine à Mutsamudu, Fomboni et Moroni. Le Président, soucieux de réussir ses ambitions a donc fait le choix de reconduire presque toute son équipe gouvernementale.

C’est d’ailleurs le grand enseignement tiré après la nomination du nouveau gouvernement composé de 15 membres dont presque dix d’entre eux, accompagnent le Président depuis 2016. Une façon pour le Chef de l’État de maintenir toujours son cap, consolider les actions déjà engagées et assurer une logique dans sa volonté de conduire le pays vers l’Émergence à l’horizon 2030.

Ceux qui attendaient une table rase ne mesuraient sans doute pas les dégât que cela pourrait peser dans l’appropriation des dossiers et la mise en œuvre des politiques sectorielles : finances publiques, énergie, transports, nouvelles technologies. En effet, le Président Azali Assoumani ne s’est pas contenté de distribuer des postes ministériels pour faire plaisir à tels ou tels groupuscules, il pense d’abord au pays qui doit se doter d’une équipe capable de poursuivre le cap, il est surtout attaché à sa vision, à ses engagements pris devant le peuple et à son souci de faire décoller le pays comme il le répète à maintes reprises.

Le ministre des Finances se voit confier un domaine stratégique : le secteur bancaire. Ici, Saïd Ali Saïd Chayhane doit traduire la volonté du Président à savoir la mobilisation des établissements financiers au service des secteurs productifs. Rappelons que le Président l’a dit devant les étudiants de l’Université des Comores au palais du peuple, qu’il allait faire de son mieux pour mettre l’épargne nationale au service de la production locale et des emplois.

Le ministre Houmed Msaidié à qui on a confié l’Économie est d’abord un homme de confiance du Président. Son expérience acquise dans ce même département, son autorité et sa stature nous donnent raison d’espérer quant à la poursuite de la politique de transformation structurelle de notre économie. Sa mission principale : redynamiser le secteur privé, le seul à pouvoir offrir des emplois à cette jeunesse. C’est pourquoi l’une des premières rencontres du nouveau ministre est celle organisée avec les patrons.

Souef Mohamed El-Amine poursuit la diplomatie économique et les partenariats pour la sécurité de notre pays. Le ministre des Affaires étrangères a permis à l’Union des Comores de défendre avec constance sa politique extérieure. Il faut rappeler qu’en seulement deux ans, notre pays a pu mobiliser dans le cadre bilatéral et multilatéral l’équivalent de 60 milliards de francs comoriens, dont 50 millions de dollars (25 milliards KMF) accordés par les Émirats arabes unis. Il appartient maintenant aux techniciens de se mettre au travail.

Le nouveau secrétaire d’État à la Fonction publique doit sa promotion aux réformes courageuses de modernisation de l’administration publique. Il a engagé des réformes difficiles, mais nécessaires pour assainir le fichier de la Fop. Il sera au cœur des grands chantiers de modernisation des administrations publiques prévues par la nouvelle constitution. Le Président n’a pas pris le risque de confier cette tâche à un novice du dossier, au risque de ralentir la machine des réformes. 

Bref, il faut saluer le choix du Président de maintenir une équipe toujours à l’œuvre et qui reste au cœur de son action. Il s’agit du choix de la cohérence et de la continuité des chantiers stratégiques. Finis les changements inutiles qui font retourner la machine en arrière ou qui ralentissent le traitement des dossiers. Le Président n’a pas du temps à perdre dans cette nouvelle trajectoire de l’émergence.