Les raisons de la fuite de Hassani Hamadi en détail

Hassani est en fuite. Et il est parti comme un voyou de la pègre ; le milieu des voleurs, monde des truands. Hassani Hamadi va chercher l’asile politique à Paris après avoir fui son pays. Laissant derrière lui, une image complètement entaillée d’escroqueries et de manœuvres fourbes. «Hassani des bois, prince des voleurs», tel un film entachant la crédibilité d’un homme qui était considéré par beaucoup comme un homme intègre et sans histoires.

 L’Ile de Ngazidja mérite mieux. L’évasion spectaculaire de l’ancien Gouverneur de Ngazidja, Hassani Hamadi restera dans les annales des histoires farfelues. Il a attendu que la nuit tombe, est sorti en secret, dans la voiture banalisée d’un de ses plus proches collaborateurs et a changé plusieurs fois de moyens de transports, sur la route de son «exil». De Mtsangadjuu ya Dimani, à l’Est de Ngazidja à l’aéroport Charles de Gaulle, l’enfant de Dimani laissera des traces tout au long de son périple d’un homme parano et angoissé. Arrivé dans l’ile comorienne de Mayotte à bord d’un Kwassa-Kwassa en provenance de Mtsangadjuu en passant par Anjouan, Hassani Hamadi est parti dans la foulée à destination de la capitale française, accompagné dans sa fuite de deux de ses hommes de fortune, Michel Saïd et Mihidjahi Bourhane.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Il n’a jamais été inquiété par les services de l’ordre ou la justice ; même s’il est cité plusieurs fois dans les dossiers de malversations financières, aucune menace ne rodait ses alentours.

Sur le réseau social Facebook, il assure avoir «reçu d’innombrables menaces sur [sa] vie» et être victime de persécution politique. Les comoriens d’ici et d’ailleurs comprennent bien que ce sont des mensonges.

Ces anciens agents de la Fonction publique de l’île de Ngazidja sont en colère. À part le non- paiement d’arriérés de salaire du mois de juillet 2018, les agents de la Grande comore n’ont toujours pas touché le moindre rond de leurs salaires depuis le mois de janvier dernier. Et pourtant le gouvernement de l’Union a déjà déboursé une somme à hauteur de 506 millions de francs à la place de 490 millions pour régler l’ardoise budgétaire de Ngazidja. Rien n’est régler ! Aucune trace dans les circuits financiers de Mrodjou. Une histoire qui laisse à croire qu’il s’agit bien d’un détournement de fonds dont l’ancien locataire de Mrodjou serait le premier responsable visé.

Ce diaporama nécessite JavaScript.

Pourquoi Hassani Hamadi a-t-il fui ses responsabilités ? A-t-il été poussé de force vers la sortie ? Par qui ? Ou bien un plan machiavélique avait-il été planifié par ses proches pour l’éloigner d’une situation précisément délicate ? Candidat malheureux à l’élection présidentielle anticipée de 2019, où il est arrivé en 8ème position (sur 13 concurrents) avec 2.25 %, l’ancien Président du Conseil de l’île de Ngazidja, n’est qu’une miette dans le marigot politique de notre pays.

Les «Wangazidja» ont été mis au courant de la ponction de leurs salaires au profit de « la banque » initiée dans les rêves de Hassani Hamadi. Cette banque de solidarité annoncée n’a toujours pas ouvert ses portes à Moroni.

De scénario en scénario, les comoriens découvrent les manigances de ces hommes politiques qui formaient jadis la fameuse CNT et qui souhaitaient le chaos dans le pays. Et les comoriens sont déçus. Il faudrait bien mal connaître les comoriens pour imaginer qu’il puisse en être autrement.