Mais de quelle dictature parle-t-on ?

Mes chers compatriotes de France et de Navarre !

Je vous transmets un bonjour fraternel et vous souhaite la force du Karthala pour le combat que vous menez.

Vous voir vous mobiliser de la sorte est déjà un succès. On nous dit qu’il s’agit de la deuxième forte mobilisation de la communauté après celle qui a suivi le crash du Yemenia.

Dommage que cette mobilisation n’ait pas eu lieu à un moment où un enjeu majeur pour la nation était engagé. Au moment où le gouvernement et sa diplomatie étaient mis à rude épreuve parce qu’ils ont osé défier l’ancienne puissance coloniale et faire respecter notre intégrité territoriale. Ils étaient seuls face à la 5e puissance mondiale et ont tenu fort sept mois durant, là où d’autres ont tenu à peine 48 heures.

Pourtant, il s’agissait là d’un combat pour l’intérêt de la nation. Malheureusement, vous n’étiez pas là. Ni vous, ni les autres politiciens de l’opposition. C’est vrai qu’on ne mord pas la main qui nous nourrit. Mais, il faudra se positionner et en tirer les conséquences, camarades.

J’espère de tout coeur que votre combat aboutira dès lors qu’il est mené pour l’intérêt de la nation et non pour des intérêts partisans et personnels.
Malheureusement, de ce que je constate au travers des revendications des uns et des autres, permettez-moi d’en douter.

Et surtout, n’allez pas croire que je vous manque de respect en pensant que l’enjeu de ces événements dépasse certains parmi vous, car ceci n’est que mon avis.
Il suffit de voir les innombrables revendications qui sont à la fois disparates, hétéroclites et éloigner les unes des autres pour comprendre que beaucoup prêchent pour leurs propres paroisses, sous couvert d’un État de droit et de démocratie. La dictature est le mot d’ordre pour rallier le plus de personnes à la cause et c’est bien trouvé parce qu’avouons-le, qui serait insensible à une cause aussi noble ?
Seulement, les revendications des vôtres n’ont rien à voir avec ce discours bien rodé pour tenter de faire chuter le régime.

Des décisions de justice contestées, des procédures judiciaires en cours qu’on feint de ne pas connaître, des amalgames faits sciemment entre convocation, interpellation et arrestation. Tout cela pour créer une psychose et faire grandir la grogne pour enfin sortir le grand mot: Dictature.

Mais de quelle dictature parle-t-on ?

Si vous parlez de la mise en résidence de Sambi et Mamadou, sachez que c’est juste de la détention provisoire, une mesure judiciaire dans le cadre d’un dossier en cours d’instruction comme cela se passe ailleurs. Pr. Tariq en a fait les frais pourtant, personne là-bas n’a crié à la dictature.

Si c’est pour les événements regrettables de Ikoni, pensez à ce que vous voyez régulièrement aux USA et ce que vous avez connu avec des affaires comme celle d’Adama Traoré. Personne n’a crié à la dictature, mais on parle de bavures policières. Regrettable, blâmable et répréhensible je vous l’accorde.

S’il s’agit des décès déplorables survenus à Kandaani, notez qu’une enquête est en cours et que les convocations et auditions que vous dénoncez rentrent dans le cadre de cette enquête. Il est tout à fait normal que des personnes soient convoquées, gardées en vue, pour l’instruction en cours. Ceci n’est pas propre à nous ni à ce régime. En France où vous vivez, des personnes importantes, à l’image de Sarkozy, sont passées par là sans qu’on dénonce une dictature.

S’il est question des manifestations non autorisées, parce que n’ayant pas suivi les voix réglementaires, leurs dispersions sont tout ce qui est de plus légal et cela se passe également sur votre terre d’accueil, notamment avec ce mouvement de gilets jaunes. Et en aucun cas, on n’a évoqué un totalitarisme.
Je ne vous parle même pas de ceux qui ont été jugés et qui purgent leur peine. Une décision de justice !

Les mêmes causes ne produisent-elles plus les mêmes effets ?
Pourquoi si c’est en occident on parle de justice et lorsqu’il s’agit des Comores on crie à la dictature ?
Le pire, c’est que pour tromper le bas peuple, on se lance à des théories de complot.

Campagnard, cet homme courageux qu’on a vanté les mérites, les valeurs, les principes ainsi que sa force et sa détermination, auraient craqué et signé des aveux sous la contrainte, paraît-il.

Le héros d’hier est traité de lâche aujourd’hui. Tan pi, du moment que cela sert la cause.
SAST, pourtant reconnu coupable par la justice, est lui, victime d’un complot.
Il est écrivain, il ne peut pas fomenter un coup d’État, nous dit-on. Comme s’il y’aurait une école pour former les putschistes.
Des personnes se sont élevées pour dire que SAST serait innocent mais victimes d’une dictature, encore. Pourquoi lui et non un autre ?

Dans notre pays, nous réclamons haut et fort une justice juste, mais dès qu’elle touche les nôtres nous n’hésitons pas à la dénoncer et à la critiquer.
Certains vont jusqu’à user d’une notoriété acquise pour service rendu à la nation, dans le sport ou ailleurs par exemple, pour inciter nos concitoyens à se soulever parce que le cousin serait rattrapé par la justice. Et comme ses précédentes tentatives n’ont jamais eu écho, ce mouvement constitue une aubaine pour espérer faire libérer ce cousin..
C’est le cas également pour les partisans de Sambi, Mamadou, Barwane… Ajouter à cela ceux qui veulent en découdre avec Azali personnellement et qui en font une affaire personnelle, puis ceux qui ne savent que râler sur tout sans raison évidente.
Que dire de ceux qui, hier sont venus comme experts dans les assises et les états généraux, toucher les jetons auprès de ce soi-disant dictateur, sans piper un mot sur la situation et qui, aujourd’hui, nous donnent des leçons de morale.
Que des intérêts personnels et partisans.

Donc, méfiez-vous lorsque vous vous engagez, faites attention à ces discours angéliques, car “l’enfer est pavé de bonnes intentions”, paraît-il.
En tout cas, courage à vous mes chers compatriotes et surtout, n’oubliez jamais que la patrie a besoin de vous, sur place.