« La voix des Comores » : quand Moncef fait régner la terreur

Vous nous demandez si la terreur de «la voix des Comores» existait, et harcelait des politiques, des familles, des citoyens lambda sur les réseaux sociaux. Et oui, cette terreur noire a eu ses plus belles pages de rédactions sur le net et elle a un pseudo bien connu : HAFSOIT SAID. Derrière ce pseudo féminin et bien réfléchi, se cache un homme et non un monstre. Hafsoit est un prénom imaginaire, certes, mais le nom Saïd à un sens si particulier. L’auteur de ses niaiseries est dévoilé au grand jour, il s’appelle Moncef Saïd Ibrahim. 

C’est en effet ce qu’affirme une femme déterminée, Haina Barwane sur son compte du réseau social «Facebook» : (Moncef Saïd Ibrahim, sous le pseudo de Hafsoit Said, après m’avoir avoué ce matin que tu «alimentais» La Voix des Comores, j’attends tes excuses publiques). 

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Le même jour, Yhoulam Assoumani, agitateur de Facebook de la première heure, écrivait également sur son compte personnel : «Sous le pseudo de Hafsoit, Moncef s’en prenait à moi, passait son temps à m’insulter et voire insulter à certains membres de ma famille». L’homme de Droit précise ensuite : « Aujourd’hui, c’est sa propre femme qui le dénonce publiquement. Dieu est grand. Quant à moi, je te pardonne Moncef. Tu es mon ami et malgré tout ce qui a dit sur moi et sur certains membres de ma famille, je te pardonne de tout mon cœur ». 

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Présenté par certains comme lien d’informations mensongères, un lieu fondé pour diviser les Comoriens et monter les uns contre les autres. «La voix des Comores» est née dans la clandestinité pour propager le mal, le groupe d’auteurs a pour leitmotiv de «se moquer de tout le monde sur le web». Comme le résume Idjabou Iliassa, un internaute tombé sous les balles des crétins de «la voix des Comores», la page Facebook de ce site haineux est le défouloir d’une certaine «élite» de la culture web de notre époque. Mensonges, insultes, propagandes, c’est l’endroit idéal réservé aux ratés de notre République, indique-t-il dans un commentaire dans le réseau social. 

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En mars 2019, beaucoup de Comoriens découvrent, Moncef Said Ibrahim, le fils de l’ancien Président du conseil de gouvernement du territoire des Comores, Saïd Ibrahim Saïd Ali, qui faisait l’actualité au barreau de Moroni. Les avocats du palais de justice de Moroni étaient en colère. Cette grogne de nombreux avocats était bien connue dès l’arrivée de Moncef dans les couloirs du palais. Ils se plaignaient que Me Mzimba fait accéder à la profession des personnes non qualifiées ou sans respecter les procédures, parmi eux Me Moncef Said Ibrahim. Ses confrères d’aujourd’hui mettent en cause ses qualifications. Des avocats frondeurs ont bastonné d’accusations le bâtonnier jusqu’à dégonfler Me Mzimba, dans une Assemblée générale aux décisions contestées.

Mais, les mieux informés du pays savent bien que Moncef Said Ibrahim est un loubard du petit écran avant tout. Dès le début des années 2000, Moncef apprend les ficelles de la terreur sur internet. Du Caire à Paris, le petit-frère de Fahmi Said Ibrahim pose ses jalons sur la toile et prends vite en tenaille tous ceux qui réussissent. Avec une bande de petits copains, ils forment une team de fringants destructeurs qui s’adonnaient au harcèlement comme un sport, avec pour cibles des politiques, des Ministres, des notables, ses propres frères, notamment l’avocat Fahmi Said Ibrahim, …etc. Il dirige et commande avec ses petits doigts derrière les écrans. Un rôle magistral pour détruire le moral des autres, des «vies brisées», des «réputations ruinées», des carrières menacées.

En créant «La Voix des Comores», ils voulaient tous avoir une vitrine absolue pour afficher gratuitement leur haine. Une ligne éditoriale s’est vite cristallisée sur des personnes, c’est devenu des feuilletons avec des personnages récurrents, des obsessions de certains administrateurs. Cette stratégie machiavélique, astucieuse et ironique s’est transformée en un truc que les Comoriens supportent moins. 

Durant plusieurs années, Moncef s’est vanté en disant que personne ne trouverait jamais rien sur eux. Parce que ces gens-là maîtrisent très bien les réseaux sociaux. Tous attribuent à La Voix des Comores un pouvoir de nuisance très élevé. Ces mecs-là font peur à beaucoup de gens. Beaucoup de simples citoyens sont terrifiés par l’imbécillité de la bande à Moncef. 

Ils sont absolument infâmes sur le net. Moncef Saïd Ibrahim planifiait sans détour son acharnement, il collaborait minutieusement avec les modérateurs de la «Voix» sur des sujets précis, avec des insultes, des photomontages, des GIF animés, des mails d’insulte anonyme. C’était le chef de bande. Ensemble, ils s’en prenaient, à plusieurs, à la même personne. Et comme ils ont des comptes influents, ça prend tout de suite une ampleur importante.

On a pu recueillir le témoignage anonyme de deux autres journalistes bien installés à Moroni, qui estiment que les articles mensongers de Moncef et ses amis de « La Voix» ont eu un impact significatif sur leur carrière, et leur vision du journalisme. «Pendant deux ans, les modérateurs de la Voix des Comores m’ont harcelé par mails. Ils remettaient régulièrement en cause mes compétences professionnelles», raconte la première. Qui continue : «Dès que je partageais un article qui parle de démocratie, d’un sujet sensible, ils débarquaient, et ramenaient dans leur sillage des dizaines d’internautes qui m’insultaient et appelaient parfois à la violence. Nombreux de comoriens sont naïfs, des gens très contents de pouvoir déverser leur venin commentent leurs articles comme des trophées. Ils sont complètement inconséquents.» Elle insiste : « Et puis surtout ce sont des gens qu’on connaît, qu’on avait déjà croisé à des soirées, avec qui on a travaillé. C’est ce qui fait mal. Depuis très longtemps on sait que Moncef Saïd Ibrahim est à la baguette de «La Voix des Comores». Il se vante souvent directement avec son bras droit de l’Ambassade des Comores à Paris ».

Moncef est un type qui a perdu toute crédibilité humaine et sociale. A 51 ans, l’homme qui aime parler des grandes personnes et de leur génie, fasciné par les théories sur les trous noirs, la cosmologie et la gravité quantique de Stephen Hawking à une dent contre ceux qui bossent et qui gagnent leurs pains à la sueur de leurs fronts. Ses longues années égyptiennes sont néfastes à son statut, près de dix ans à se balader dans les rues de Butte Montmartre, quartier au charme authentique, célèbre pour la basilique du Sacré-Cœur et sa vue magnifique sur Paris, chantant les louanges du Bon Dieu pour valider une licence. Son meilleur ennemi, c’est son frère, l’ancien leader du PEC, qui s’est battu bec et ongles, frôlant une crise diplomatique pour le pistonner de force à l’Unesco. Avec ses airs d’un enfant autiste, Moncef Saïd Ibrahim fait tomber la pluie, le beau temps, les bons et les méchants. Il a un compte farfelu sur Facebook au nom de …Hafsoit Said où il publie soigneusement des citations philosophiques et accessoirement draguées quelques minettes dans l’anonymat. 

Que faire alors du cas Moncef ? L’ignorer ou en parler ? Politiquement, de qui est-il le porte-flingue ? Porté par un ego et une ignorance qui le poussent à croire qu’il pourrait laisser une trace dans le monde des idées, il ne représente en fait que lui et lui seul. Tel un crétin volatil. La crise et la totale dépolitisation de ces sales petits mecs les ont conduits à adopter une vague posture cynique, vaguement détachée, qui consiste à courageusement attaquer sur tous les réseaux sociaux, les minorités. Un combat un peu beau, un combat un peu propre, un combat un peu compliqué et ils viennent avec leur haine sous le bras comme un gosse resté au stade anal.

Hamid Mohamed