🚨🇰🇲 Plus d’une cinquantaine de bureaux annulés, le scrutin du 24 mars retrouve bien sa légalité

La Cour suprême de l’Union des Comores vient de valider officiellement le scrutin du 24 mars en toute souveraineté. Il a fallu trois jours de durs travaux d’examens minutieux des bureaux de vote litigieux pour permettre à la haute juridiction de rendre son verdict.

Les observateurs de la Cour suprême déployés sur le terrain ont rendu leurs rapports le 26 mars, soit deux jours après le scrutin. Les conseillers de la Cour prêtaient une attention particulière aux bureaux de vote victimes de saccages et ceux dont les urnes étaient présumées avoir été bourrées le jour du vote. Un travail qui a mobilisé les équipes de la Cour suprême pendant quatre jours dont une nuit entière du 28 au 29 mars.

Il faut rappeler qu’il y a deux cas qui se sont présentés au sujet des bureaux de vote : il y avait les bureaux de vote saccagés entièrement par des bandits parce qu’ils seraient bourrés. Et les bureaux de vote qui avaient connu quelques tensions et dont les urnes ont été récupérés par les forces de l’ordre en présence des observateurs de la CENI des régions.

Dans le premier cas, la Cour a entièrement annulé ces bureaux, estimant que les motifs de bourrage qui ont justifié leur saccage pourraient être réels. Dans le deuxième cas, la Cour a fait de nombreuses confrontations entre les données de la CENI, celles des CEII et celles versées par ses propres observateurs déployées dans les régions. A rappeler qu’aux environs de 15h, le jour du vote, les assesseurs des candidats de l’opposition ont été appelés à quitter les bureaux de vote alors que des milliers d’électeurs avaient déjà glissé leurs urnes.

Les forces de sécurité ne voulaient que protéger ce qui pourrait l’être en sécurisant les urnes non saccagées en les acheminant vers des lieux sûrs sous la supervision et les instructions de la CENI. A Moroni, le vote était parfait tout comme à Mutsamudu et à Fomboni, les principales grandes villes du pays. Dans de nombreuses régions, villes et localités, l’élection se déroulait sans difficultés malgré le climat de guéguerre entretenu par les candidats de l’opposition.

Face aux deux cas, la Cour a donc décidé d’annuler environ 58 bureaux de vote dont 36 à Ndzuani. On parle d’une soixantaine. Ce chiffre n’est pas officiel mais un agent du service Greffe de la Cour le laisse penser. A Ngazidja, la Cour suprême a annulé plus d’une vingtaine de bureaux de vote suspectés sans compter ceux déjà saccagés notamment à Mbeni et à Ntsoudjini.

Devant ce compromis honorable arraché par la Cour suprême, on peut valablement affirmer que le scrutin du 24 mars a retrouvé sa légalité et sa légitimité. En ce qui concerne les urnes sécurisées et leur transfert à la CENI, les gens doivent comprendre que la procédure et le processus avaient été bel bien respectés. Car la loi de 2014 portant révision du Code électoral a prévu quatre assistants électoraux pour renforce le dispositif de transparence.

Cette même loi précise bien que les signatures des assesseurs n’étaient pas obligatoires dès lors qu’il y a des assistants de bureaux. La Cour ayant pris en compte les nombreuses plaintes verbales émises et les informations en sa possession. Elle a estimé que 50 bureaux de vote litigieux ne doivent pas compromettre le processus dans son ensemble. A rappeler qu’il y avait en tout 731 bureaux de vote. 731-50 environ est égal à 681 bureaux de vote. Si les candidats de l’opposition ont boycotté le vote dans leurs fiefs, c’est leurs problèmes.

Il y a toujours des bureaux de vote annulés dans une élection. Ce n’est pas une exception. Et même des zones où on peut priver des électeurs pour de raison de sécurité ou de santé. En République démocratique du Congo, des électeurs des localités entières n’ont pas pu voter ; Cela n’a pas empêché Etienne Tchisekedi d’être élu. Aux Comores, en 2010, plus d’une cinquantaine de bureaux de vote avaient été annulés par l’ancienne Cour constitutionnelle. Le scrutin a été validé.

Les candidats de l’opposition avaient été dupés et ne doivent pas aujourd’hui pleurnicher et venir nous raconter du n’importe quoi. A eux d’assumer les conséquences de leurs mauvais plans et de leur folie diabolique. Mais, en ce jour du 2 avril, la Cour suprême vient de rendre un arrêt honorable en essayant de prendre en considération les doléances des uns et des autres sans perdre sa fermeté et son autorité sur sa responsabilité historique vis-à-vis du scrutin du 24 mars.

Youssouf Kassim, Moroni